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Nos chiens écolos

Comme toute action humaine, avoir un chien représente un impact sur notre environnement. Étant attentive à cette question, je me suis beaucoup interrogée avant d’adopter Charlie, et depuis qu’il est là aussi.

Néanmoins, étant de nature à chercher le positif dans chaque situation, je crois avoir compris que chien et écologie ne sont pas deux sujets si éloignés qu’ils en ont l’air. Et puis comme tout, avec beaucoup d’information, du recul et en se retroussant un peu les manches, je suis persuadée qu’on est capable de faire de belles choses pour atteindre le bon compromis.

De nos chiens ambassadeurs de la nature (I) à quelques pistes de passage à l’action (II), je vous partage, non sans difficulté, ma réflexion sur le sujet.

ACCUEILLIR UN AMBASSADEUR DE LA NATURE CHEZ SOI

Aujourd’hui nous vivons dans un monde où tout va trop vite, où il faut faire toujours plus, plus fort, plus grand, plus rentable. Une société adepte de folie des grandeurs, de vitesse et de sensations fortes, a pris le dessus, jusqu’à nous faire oublier qui nous sommes. Nous vivons majoritairement près des villes, relativement loin des grands espaces. Nous vivons dans un confort déjà suprême et pourtant en perpétuelle amélioration. On peut penser que c’est fantastique, mais il est important de se rappeler qui nous sommes, ou peut être plutôt qui nous étions : des animaux.

Comme le disait Aristote, « l’Homme est un animal politique ». Politique, social, oui certes, mais animal avant tout. L’humain est un mammifère, avec un instinct de survie, des besoins liés à son environnement, des émotions, des réflexes qui nous viennent d’un temps bien éloigné du notre. Nous oublions souvent que sur la frise de l’évolution des espèces, l’humain vient tout juste d’arriver. J’aime bien la métaphore qui illustre ça en expliquant que si on devait raconter l’histoire de la Terre en 24 heures, l’Homme n’apparaitrait que quelques millisecondes avant minuit.

Malheureusement, on s’est tellement égaré que nous traversons aujourd’hui une crise environnementale sans pareil. Je vous passe les détails car d’autres en parlerons bien mieux que moi mais en 2002 déjà, lors du quatrième Sommet de la Terre à Rio, Jacques Chirac disait « Notre maison brule et nous regardons ailleurs ». Oui, en 2002. Il y a 20 ans. On le constatait déjà à l’échelle mondiale, et pourtant on n’a pas bien plus avancé. Pour autant, ce qui a peut-être changé depuis, c’est qu’on ressent de plus en plus le besoin de se reconnecter à elle, notre planète-maison. Et en la matière, nos animaux jouent un rôle important.

Notre société s’est progressivement construite sur l’exploitation des animaux. Au départ, les humains ont domestiqué des animaux pour se faire aider. Nous avons côtoyé et sélectionné certains animaux en fonction de nos besoins, pour la réalisation de nos travaux. Et puis de fil en aiguille, c’est devenu un énorme business : élevage intensif, pêche industrielle, chasse, cirques, zoo, aquarium… Les animaux sont au centre de notre société, mais pas à la place qu’ils devraient avoir à mon sens avoir. Ils sont invisibilisés, au service de l’Homme, pour son confort et peu considérés pour ce qu’ils sont : des êtres à part entière, doté d’émotions, d’une capacité d’attachement, de besoins et d’empathie. A quoi pensons nous en premier quand on nous parle de règne animal ? Notre société est même aller jusqu’à nous faire croire qu’on mourrait tous de famine si on cessait de les consommer.

Dans cette histoire, seuls quelques espèces ont la belle vie. Car en la matière, le nombre d’animaux domestiques de faiblit pas, au contraire. Aujourd’hui, c’est comme si nous avions besoin d’eux pour rester connecter avec le vivant. C’est d’ailleurs souvent eux qui nous le rappellent. Comme rempart à la solitude, au stress de nos vies tumultueuses, parce qu’ils nous rappellent des souvenirs d’enfance, parce que leur présence est réconfortante, parce qu’on a besoin d’accorder de l’attention à quelqu’un d’autres que nous parfois.

Nos animaux domestiques ont donc pris une place énorme dans notre bien-être et c’est d’ailleurs un de mes sujets de prédilection sur le podcast : comment un chien peut contribuer à notre développement personnel ? La réponse est sans doute là : parce qu’ils nous gardent connecté avec le vivant, et qu’on a besoin de cette connexion pour se sentir bien, apaiser, exister.

Alors dans un sens, en accueillant votre chien chez vous, vous avez accueilli un ambassadeur de la nature, un représentant en chef des autres espèces animales (humain non inclus). De prime abord, vous allez me dire que c’est pas ça qui va sauver la planète. Mais au fond, j’ai quand même un petit espoir. Car pourquoi chérir d’avantage nos animaux de compagnie plus que les autres. Ils ont tous tant à nous apprendre.

APPRENDRE A COMPRENDRE ET RESPECTER

Quand j’ai réfléchi à mon choix de métier, il m’était important de me tourner vers un milieu qui pourrait être vertueux, dans lequel j’aurai à transmettre des choses, des réflexions, et qui servirait, d’une manière ou d’une autre, à faire prendre conscience aux gens des enjeux environnementaux. Et à mon sens, l’éducation canine peut vraiment y contribuer.

En effet, pour moi, ce métier consiste à accompagner les gens vers une relation plus harmonieuse avec leur chien, pour mieux le comprendre et se faire comprendre. Aider les gens à comprendre comment fonctionne leur représentant en chef des autres espèces animales, c’est, je l’espère, une manière de mettre en lumière ce qu’il représente : le monde animal dans son entièreté.

Pour autant, il faut vivre avec son temps et trouver des opportunités aujourd’hui pour essayer d’améliorer demain. On améliorera notre impact sur cette planète qu’en apprenant à respecter le vivant, la nature, la biodiversité qui nous entoure. Pour moi, devenir éducateur/comportementaliste animalier, c’est devenir un ambassadeur du bien-être animal dans son ensemble. Et même sans aller jusque-là, avoir un animal chez soi, c’est s’ouvrir au monde de la nature, l’observer, interagir avec elle, passer du temps dehors. Pour moi, un chien est une porte d’entrée incroyable sur le monde animal, sur le grand monde vivant qui nous entoure et qui fait partie de nous.

Je ne pense pas qu’il soit indispensable de s’exiler au fin fond de la Lozère avec des brebis pour se sentir reconnecter à la nature. Je pense que tout dans la vie est une question d’attention : accorder souvent de l’attention à certaines choses, c’est ce qui les rend importantes. Et finalement, quand on prend une pause et qu’on regarde autour de nous, la nature, la vie est là, sous nos yeux. Et nos meilleurs exemples, ce sont nos animaux.

Je vous le disais dans mes précédents épisodes, avoir un chien nous invite à nous promener, à le voir interagir avec d’autres, de la même espèce que lui ou pas, à observer ses réactions, à comprendre ses besoins, ses instincts, à apprendre à communiquer avec lui. D’ailleurs, je vous invite à profiter de ces balades aussi pour ramasser de tant en tant quelques déchets. Oui, ça va pas changer le cours des choses, mais c’est aussi par l’exemplarité qu’on avancera. Ça c’est la première porte, peut-être le plus difficile à passer.

Être sensibilisé à ce qu’est un animal nous pousse à les respecter, à s’éduquer sur le sujet, à progresser. Je suis persuadée que faire mieux pour notre planète, c’est un long cheminement personnel. Personne n’est parfait, il s’agit de trouver un équilibre, des compromis dans son quotidien pour agir à son échelle, ça demande du temps, de l’énergie et ce n’est pas évident. Alors comme j’ai à cœur de mettre en lumière le fait qu’avoir un chien nous fait du bien, j’ai aussi à cœur de montrer qu’avoir un chien peut déjà être une belle première étape dans ce processus de sensibilisation. Pour mieux chérir notre planète, aimons nos chiens et apprenons à travers lui à chérir tous les animaux.

UNE CONSOMMATION RESPONSABLE ET RAISONNEE

Néanmoins, il faut tout de même prendre en considération que notre ambassadeur de la nature ne vit pas que d’amour et d’eau fraiche. Il implique tout de même une part de consommation importante. Au même titre que pour nous humain, notre volonté de chérir plus que de raison nos animaux, et notamment nos chiens, a d’ailleurs donné naissance à un vrai marché économique très discutable.

Or, nous voilà en dissonance cognitive : notre chien nous reconnecte avec la nature mais il nécessite une consommation nécessaire qui semble détruire toute notre bonne volonté. Je voulais donc vous expliquer ma démarche et vous partager ma manière d’essayer de mieux faire.

L’alimentation, c’est certainement le sujet qui m’a le plus poussé dans mes retranchements. Comme vous le savez, les chiens sont des carnivores et doivent donc principalement manger des protéines animales. Or, à la maison, hormis les quelques grammes de steak ou jambons que mangent les enfants par mois, seul Charlie mange de la viande. Deux végétariens qui passent leur chien au BARF ça suscite des questions. Et pourtant. Je vous renvoie à mon épisode 10 que j’ai enregistré avec les 2 fondatrices de Qwild, qui d’ailleurs est devenu Qru, durant lequel on a parlé de l’alimentation au BARF. J’ai fait appelle à Qru pour préparer les rations de Charlie car ils sont dans une démarche d’économie circulaire en revalorisant des produits issus de l’industrie de la viande qui, sans cela, serait purement et simplement jeté (ou broyés et dilués avec milles autres sous-produits pour être transformés en croquette). On est bien d’accord, il s’agit d’une forme de soutien à cette industrie dont, personnellement, je ne veux pas. Mais pour l’heure, je n’ai pas trouvé de solution plus responsable que celle-ci : entre faire importer de supers croquettes de l’autre bout du monde ou nourrir mon chien le plus naturellement possible avec des produits locaux et revalorisés, mon choix a été vite fait.

Côté matériel, comme pour nous humain, la surconsommation nous guette lorsqu’il s’agit d’équiper son chien. Alors, je vous invite à réfléchir à vos réels besoins concernant le matériel pour vos animaux et à acheter en conscience. Pour ma part,

  • J’essaye toujours d’acheter des choses les plus durables possible, quitte à investir un peu plus au départ. Par exemple, j’ai investi dans le lit de Charlie il y a 1 an et demi, c’est son deuxième lit (après celui qu’il avait quand il était chiot dans lequel je n’avais pas investi parce que je savais qu’il risquait d’être rapidement abimé) et j’ai cherché à prendre de la qualité. Il est à mémoire de forme et entièrement déhoussable, je peux donc le passer à la machine de temps en temps et il n’a pas bouger. Je sais qu’on va pouvoir le garder encore longtemps
  • J’essaye également de n’acheter que l’essentiel: Charlie n’a pas énormément d’affaires : un harnais, un collier en perles de céramique, 3 longes de tailles différentes en Biothane (une matière très résistante), un gilet de sauvetage, des bottines qu’il déteste, un lit, quelques jouets et doudous qu’il a eu petit, 2 gamelles et quelques produits de soin de base.
  • J’essaye de me tourner vers des marques éthiques et responsables comme on peut en trouver sur Etsy, et je privilégie le Made in France. J’ai à cœur de soutenir des marques comme P’tit Père (dont Corentin, le co-fondateur, était venu nous parler dans l’épisode 14) qui font constamment tout leur possible pour améliorer la composition de leurs produits et relocaliser leur production.

Alors oui, on pourrait se dire que tout cela un coup et oui, c’est le cas au moment de la dépense. Mais je vous invite vraiment à avoir une vision plus long terme dans vos consommations. Investir un peu plus au départ pour changer moins souvent. Nourrir mieux pour avoir moins à soigner.

Là encore, c’est une question d’équilibre, c’est un cheminement personnel qui prend du temps, qui demande de la remise en question et un peu d’énergie, mais qui à mon sens vaut le coup pour tout le monde à terme.

POUSSER L’ENGAGEMENT UN PEU PLUS LOIN

Une fois sensibilisé à ce tout ce que je viens de vous raconter concernant les animaux, l’envie de faire plus sans savoir comment nous traverse souvent. Pour être honnête avec vous, cela fait des années que j’aimerai rejoindre une association pour l’environnement ou pour les animaux (ou les deux). Mais je vous avoue que je n’ai pas encore fait cette rencontre. Si vous avez des suggestions, je serai d’ailleurs heureuse de les connaitre et de les partager ! En la matière, il y a du choix, il faut choisir ses combats car il y a tant à explorer qu’il faudrait mille vies pour contribuer à tout.

Lire, s’informer et transmettre pour être relais d’information, pour ma part c’est comme ça que je me sens le plus à l’aise. En choisissant ce métier, en prenant le temps de me former le plus possible, j’espère pouvoir contribuer, à mon échelle, à amener un peu de douceur envers ceux qui subissent en silence les caprices et folies des humains.

Néanmoins voici quelques pistes que j’avais à cœur de vous partager :

  • S’engager et donner de son temps à une association locale, nationale ou internationale : avoir une action concrète sur le terrain est toujours utile et nous aide à nous sentir utile. Voici quelques exemples d’association nationales : La SPA, AVA Refuge, LPO, Sea Shepherd, Surf Rider fondation, L214, One Voice Animal, Fondation Brigitte Bardot, Fondation Nicolas Hulot, Centre Athenas, Green Peace, Canopee etc.
  • Soutenir financièrement des associations : En faisant des dons si vous le pouvez ou en achetant des articles sur des boutiques par exemple. Vous me voyez peut-être souvent porter des vêtements Sea Shepherd, qui défend la vie marine. Si je dois devenir une sorte de panneau publicitaire ambulant, je préfère que ça soit pour une cause qui me touche et que je trouve importante.
  • Relayer des posts sur les réseaux sociaux: ça peut paraitre rien et pas important, pourtant ça l’est car ça interpelle. C’est aussi en se servant des algorithmes qu’on diffuse des messages.
  • En s’informant au maximum sur ces sujets(bien que cela implique de faire un pas de côté et que cela nous amène souvent à nous remettre en question) : sans information il n’y a pas d’action. Voici quelques minuscules recommandations, à prendre, à soutenir et à partager :

Ces listes ne sont pas exhaustives et comme le chantais Pomme et des enfants merveilleux : « Les animaux sont amis et nous devons les protéger. Il faut agir dès aujourd’hui si nous voulons tous les sauver ».

SOMMAIRE

  • 00:10 : Présentation de l’épisode
  • 01:36 : Introduction
  • 02:12 : Accueillir un ambassadeur de la nature chez soi
  • 05:35 : Apprendre à comprendre et respecter
  • 08:10 : Une consommation responsable et raisonnée
  • 12:33 : Pousser l’engagement un peu plus loin
  • 15:42 : Soutenir le podcast

ON EN PARLE DANS CET EPISODE

CREDIT

Musique : Dolling – Cybersdf

Identité graphique : Mélanie Giangreco

Bonne écoute !