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Libéré Délivré

Dans mon dernier épisode solo, je vous parlais des choses à mettre en place pour offrir une balade riche à son chien, celle, incontournable, qui lui permet de répondre à ses besoins et à se dépenser physiquement et mentalement. J’avais alors évoqué le fait que le chien soit libre de ses mouvements durant cette balade, notamment les balades en pleine nature, et je me suis dit qu’un épisode ne serait pas de trop pour aborder ce sujet.

Avant de commencer cet épisode, un petit rappel de la loi s’impose. En France, techniquement, et concernant nos chiens de famille lambda, il n’est pas catégoriquement interdit de lâcher son chien. En revanche, il existe différentes règlementations que l’on se trouve en zone rurale ou en zone urbaine.

En zone urbaine, il appartient au Maire de règlementer la tenue ou non des chiens domestiques en laisse sur la voie publique de sa Commune, au moyen généralement d’un arrêté. Pour savoir ce qu’il en est dans votre ville, je vous conseille donc de vous renseigner auprès de votre Mairie et de lire les panneaux (c’est notamment indiqué à l’entrée des parcs urbains).

En zone rurale, il existe deux types de règlementation :

  • Quoi qu’il arrive, le Code rural interdit en son article L211-19-1 l’état de divagation des chiens domestiques et définit cet état en son article L211-23. Je vous passe la lecture de l’article mais en bref, cela signifie que votre chien soit:
    • Sous votre surveillance permanente
    • Sous votre contrôle notamment vocal et sonore pour permettre son rappel
    • A moins de 100 mètres de vous
  • Également, le Maire là aussi peut ordonner que les chiens soient tenus en laisse notamment dans certaines zones naturelles afin de protéger la faune et la flore en présence.

Au-delà du juridique, je tenais à rappeler que si ces règles existent, c’est pour garantir la sécurité de tous, tant celle de votre chien, que de celle des êtres qui l’entourent. Le préalable avant de lâcher son chien, même si c’est autorisé juridiquement, c’est de le connaitre et de s’assurer qu’il est prêt à l’être. On ne lâche pas un chien réactif, qui peut représenter un danger, au même titre qu’on ne lâche pas un chien qui ne répond pas aux demandes de son humain. Il est indispensable d’être en capacité de rattacher calmement son chien à n’importe quel moment.

Laisser son chien se balader en liberté, c’est un peu le rêve de chaque humain de chien. Néanmoins, le rêve est rapidement rattrapé par la réalité quand on se rend compte que ce n’est pas si facile que ça. Alors pas facile oui, mais pas impossible. Voici quelques pistes pour vous aider dans cette quête de la grande balade en liberté.

Petit disclaimer avant de commencer cet épisode : je vous invite bien évidemment et en priorité à faire appel à un éducateur canin professionnel, convenablement diplômé et bienveillant face à toute difficulté. La sécurité de tous doit primer, il est donc essentiel de se faire accompagner dès lors qu’on en ressent le besoin. Il n’y a pas de recette miracle, chaque chien, chaque binôme est différent, il existe pléthore de possibilités pour atteindre ses objectifs et toutes ne vous seront pas adaptées. L’éducation canine est un métier (merveilleux d’ailleurs).

Tous les conseils que vous trouverez ici ne sont que des pistes générales principalement là pour vous aider à travailler sur votre relation, sur votre confiance en vous et en votre chien.

Ceci étant dit, la balade en liberté avec Charlie a été, et est toujours, un vrai sujet pour moi. Je voulais donc vous partager mon expérience et quelques tips que j’aurai aimé avoir avant : de ce que cette balade en liberté implique (I) aux adaptations qu’il est possible de mettre en place pour y parvenir progressivement (II).

LIBERTE, RAPPEL ET AUTRES RÊVES

LIBRE DE SES MOUVEMENTS

Qu’est-ce que ça signifie « un chien soit libre de ses mouvements » ? A mon sens, un chien libre de ses mouvements implique que le chien ne soit pas relié à un humain et qu’il ne soit pas contraint physiquement à marcher dans les pas de quelqu’un. Cela implique qu’il puisse de déplacer à l’allure qui lui convient, qu’il puisse s’arrêter, retourner en arrière, occuper l’espace qui l’entoure, sortir ou pas du chemin. En bref, cela ne signifie pas que le chien puisse faire tout ce qu’il veut, mais ça signifie que physiquement, rien ne l’en empêche.

Jusque-là, j’imagine que vous visualisez assez bien de quoi je veux parler. Mais pourquoi est-ce si important ? Ça, je voulais l’expliquais dans mon dernier épisode solo « Promenons-nous », si vous ne l’avez pas encore écouté, je vous invite à le faire, cela donnera certainement plus de sens à celui-ci.

En effet, pour que la balade de notre chien réponde à tous ses besoins, il faut, entre autres, qu’il soit libre de ses mouvements. Rappelons-le, pour répondre aux besoins du chien, il faut que cette balade soit pour lui :

  • une source de dépense physique,
  • une source de sécurité et de confiance,
  • une source de lien social,
  • une source de considération de la part de son humain
  • ainsi qu’un moment durant lequel il puisse exprimer les comportements pour lesquels il a été créé.

Dès lors, le premier élément qui permette cette richesse, c’est d’être libre de ses mouvements. Sans lien physique qui le lie à son humain, le chien :

  • se dépense beaucoup plus, marche à son rythme (et vous aussi, c’est bien plus agréable de veiller sur son chien à distance que de s’arrêter tous les 5 mètres),
  • vous rendra la confiance et l’attention que vous lui accorder,
  • pourra plus facilement rencontrer des copains
  • et pourra plus facilement faire ce qui l’anime (dans mon cas, pister et prendre le plus d’odeurs possible).

Bref, vous l’aurez compris, balader son chien en liberté c’est super. Et allé, entre nous, qui ne rêve pas d’avoir son chien en totale liberté, qui fait sa vie et surtout revient dès qu’on le rappel ? C’est certes une réalité pour certains, mais de base, pour c’est un peu notre graal à tous. Ça fait rêver hein ? Ouais moi aussi c’était mon rêve. Puis j’ai eu un beagle et j’ai compris que ça allait être toute une histoire, que c’était plus facile à dire qu’à faire.

PLUS FACILE À DIRE QU’À FAIRE

Souvent on assimile directement liberté avec rappel parfait. Comme si s’en était une condition sinequanone. « Si je détache mon chien, il faut qu’il m’obéisse au doigt et à l’œil et donc qu’il sache revenir systématiquement quand je le rappel. Ou alors il reste attaché. » Dans les deux cas, on ressent le besoin de contrôler son chien. Et c’est ça qui rend l’histoire plus complexe qu’elle n’y parait.

Lâcher son chien implique un énorme lâcher-prise. Et c’est loin d’être évident. Lâcher son chien, ça implique d’accorder une confiance énorme, en vous, en lui en votre relation, en tout le travail que vous avez pu faire ensemble, en votre lien.

Et au-delà de la confiance, ça implique le calme intérieur, le self contrôle, même quand cela devient difficile. Par ce que spoiler alert, lâcher son chien quand on ne se sent pas à l’aise, stressé ou tendu, c’est toujours une mauvaise idée. Parce que vous pouvez être à peu près sûr que vous allez inconsciemment transmettre toutes vos émotions négatives à votre chien et que ça lui fera une bonne raison de ne pas se rapprocher vous. Et c’est dans ces cas-là que l’échelle de tension commence, que la colère monte et que le chien décroche complètement. En bref, lâcher son chien, ça demande avant tout un gros travail sur soi.

Pour ma part, dès que Charlie est arrivé, je le détachais souvent. J’avais toujours entendu que c’était comme ça qu’on apprenait le rappel, et qu’à force, de cette manière, en grandissant, ça deviendrait naturel pour lui. Quand il était tout petit, c’était facile, ça marchait bien. Il avait toujours un œil sur moi et revenait tout de suite quand je l’appelais. Goal check. Mais ça n’a pas duré. Dès ses 4 – 5 mois, il a mis de plus en plus longtemps à revenir, plus je l’appelais, plus il partait dans le sens opposé, allait se cacher pour engloutir tout ce qu’il trouvait. Et toutes les tentatives que j’ai pu faire dans les mois qui ont suivis se sont soldé par des échecs. Je mettais de longues minutes et devait solliciter pleins de passants pour le récupérer. C’était le seul cas de figure où l’appât par la bouffe ne fonctionnait pas. Bref, l’enfer. Fin du rêve, je me suis résigné à acheter une longe et à le balader en longe, sans plus jamais le lâcher. Il m’a fallu des mois et beaucoup de travail sur ma confiance en moi et en lui pour me faire accompagner, tout reprendre du début et retenter. Il y a encore eu des loupés, des petits coups de stress. Mais je crois pouvoir dire aujourd’hui, qu’on est plus très loin du but.

J’ai compris après que les chiots fonctionnent avec un système de zone, sorte de périmètre de confort invisible autour d’eux. Plus ils sont petit, plus la zone est petite, et donc l’humain d’attachement étant la référence, il faut que celui-ci se trouve dans la zone pour se sentir en sécurité. Mais plus ils grandissent, plus leur zone s’étend, et plus ils vont chercher la limite de la zone. Charlie étant un chien de chasse, il est naturellement plus indépendant qu’un chien de berger par exemple, et la zone est donc naturellement beaucoup plus grande sans que cela crée d’inconfort chez lui. C’est donc pour ça que la technique du « apprend en faisant » n’a pas tout à fait marché sur Charlie.

Soyons claire, avoir un chien qui obéit parfaitement et/ou qui revient systématiquement quand on l’appel, ça existe évidemment (et certains ont plus de facilités que d’autres), mais ce n’est pas le cas de la tous les chiens de famille, loin de là. Et de fait, sans cette garantie de contrôle ni par le lien physique, ni par l’apprentissage, par l’obéissance, il peut paraitre très compliqué d’envisager de détacher son chien. Pour autant, il existe des outils et adaptations pour trouver des compromis, enrichir la balade et travailler le rappel progressivement.

LAISSE TOMBER LA LAISSE

LES OUTILS MAGIQUES

Pour des raisons évidentes de sécurité, il ne s’agit donc pas de se jeter dans le grand bain du jour au lendemain sans préparation, chiot ou adulte, même histoire. On ne détache pas son chien comme ça. Comme je vous le disais au début de cet épisode, la première étape c’est de connaitre son chien, pouvoir anticiper ses réactions, avoir favoriser le calme, une connexion, une écoute mutuelle des demandes entre vous. Et une fois seulement que les voyants sont aux verts, que vous vous sentez prêt, que vous sentez que votre chien est prêt, vous pourrez mettre en place des adaptations et y aller progressivement.

En effet, il existe des adaptations, des outils, qui vont permettre à la fois :

  • d’offrir progressivement plus de liberté à son chien lors des balades, plus d’autonomie
  • de lui permettre d’occuper plus largement l’espace qui l’entoure donc une balade plus riche et plus physique
  • de progresser dans l’exercice du rappel.

Je voulais ici citer trois outils :

  • Le premier outil magique, c’est la longe. Une longe, c’est une grande laisse, de 5,8, 10 ou même 20 mètres. Il en existe de toutes les couleurs, longueurs et matières différentes et c’est un indispensable à avoir. Perso on n’utilise que ça, en 5m pour le quotidien, 10 mètres si on va dans des grands espaces, et on réserve la laisse de 2 mètres aux sorties en ville, courses et visites chez le véto. Une balade en longe permettra quoi qu’il arrive une balade considérablement plus riche qu’avec une simple laisse courte. C’est un super outil dans l’apprentissage du rappel car elle va permettre ce qu’on appelle la « semi-liberté ».
    • En ville, elle permet une balade plus riche tout en assurant la sécurité du chien. Nous utilisons une longe de 5 m ce qui permet à Charlie d’avoir un peu plus de liberté pour prendre les odeurs sans avoir des kilomètres de longe en trop à gérer et sans avoir à m’arrêter tous les 2 mètres. A mon sens, il y a trop de stimuli en ville pour détacher son chien, c’est pourquoi on ne le fait pas en ville.
    • En pleine nature, la longe a tout un tas d’avantage que vous comprendrez juste après quand je vous parlerai de la méthode.
    • Alerte 1: il faut néanmoins apprendre à la gérer et s’adapter à l’environnement dans lequel on se trouve. On ne promène pas en ne tenant que l’extrémité de la longe et en laissant les mètres bringuebalant entre le chien et vous. Il va falloir accepter de se salir un peu les mains, mais c’est pour la bonne cause. Il va falloir apprendre à rembobiner la longe quand c’est nécessaire et lâcher du mou quand c’est possible
    • Alerte 2: le gros défaut de la longe, c’est qu’elle peut s’entortiller, dans les jambes d’humains, dans les sous-bois, etc. Vous pouvez donc potentiellement blesser quelqu’un et votre chien peut aussi se bloquer dans des branchages. Personnellement, je laisse Charlie jouer avec d’autre chien en gardant sa longe, mais toujours sous haute surveillance.
  • Le deuxième outil qui permet de se rassurer, c’est la balise GPS. Ça demande un investissement évidemment, mais ça peut vous éviter bien des galères s’il s’avère qu’à un niveau plus avancé votre chien prenne la tangente, guider par une odeur ou que sais-je. Connectée à votre téléphone, il suffit de placer la balise sur le harnais ou le collier de votre chien et de le mettre en route au début de la balade. Le signal s’actualise toutes les quelques secondes et ça vous permet de visualiser sur la carte où se trouve votre chien en temps quasi réel. Ça fonctionne même sans connexion il me semble (grâce au signal GPS) et c’est plutôt assez précis. Néanmoins, ce n’est pas infaillible non plus, j’ai déjà eu plusieurs retours d’utilisateurs qui m’ont alerté sur l’absence de signal par moment. Weenect et Tractive sont les deux marques reconnues sur le marché.
  • Troisième outil qui permet de garder un contact avec son chien, c’est la clochette, ou du moins un truc qui fait gling gling, attaché au chien. Ça va nous permettre de garder un signal auditif avec son chien. Si vous entendez le gling gling, c’est qu’il est toujours dans le coin. Pas forcément nécessaire d’avoir une énorme clochette de chien de chasse, d’autant que ça peut faire un bruit insupportable pour tout le monde. Pour ma part, Charlie à deux médailles à son collier, sa médaille Tic Clip qui le protège des tiques et sa médaille d’information avec son nom et mes coordonnées. Comme elles sont accrochés au même endroit, elles s’entrechoquent dès que la bestiole bouge dans un petit bruit métallique et ça m’est très pratique pour savoir qu’il est toujours à proximité, même si je ne le vois plus.

LA MÉTHODE MAGIQUE

Au-delà des outils physiques qui permettent de progresser et de se rassurer, il y a la méthode pour travailler le rappel et la balade en semi-liberté :

  • Choisissez l’endroit : un endroit calme, dans la nature, loin de la route, avec peu de passage, peut-être à un endroit où un coté du chemin est infranchissable. Bref, choisissiez un endroit sécure.
  • Choisissez le moment: au milieu ou à la fin de la balade, quand le chien est détendu. Éviter de faire ça dans l’excitation du début de la balade, l’arrivée au parc ou au passage d’un endroit super excitant
  • Allez-y progressivement:
    • Tenez la longe: la première étape c’est déjà de laisser le temps au chien de s’habituer à marcher en longe, dans un périmètre plus grand que celui qui lui était permis avec une simple laisse. Il va vite apprendre à sentir la longe, à connaitre la distance qui vous sépare grâce à elle, à savoir s’il est en bout de longe ou pas. Grâce à la longe, la balade sera déjà beaucoup plus intéressante pour lui.
    • Lâchez la longe: quelques secondes puis quelques minutes, c’est vous qui voyez, comme vous le sentez. Lâchez la longe et laissez-la accrocher au chien, ça va être très rassurant pour vous. Car c’est plus facile de mettre le pied sur la longe en cas d’urgence que de rattraper un chien qui s’enfuit. Au départ, il est d’ailleurs possible que votre chien ne dépasse pas la distance du bout de longe (distance qui vous sépare quand vous tenez la longe et qu’elle est tendue).
    • Acceptez progressivement la distance qui vous sépare: petit à petit, vous ou votre chien allez naturellement augmenter la distance qui vous sépare. Il s’agit ici de ne pas en avoir peur. Rappelez-vous que, comme notre chien, nous aussi nous avons développé notre zone de sécurité invisible. Il s’agit d’apprendre ensemble à agrandir nos zones respectives.
    • Renforcez le suivi naturel : l’objectif, c’est que votre chien profite de sa balade tout en étant attentif à vous. Vous aussi vous allez progressivement avancer à votre rythme qui sera peut-être différent du sien. L’idée c’est que vous vous jetiez mutuellement des coups d’œil et que vous sachiez tous les deux où se trouve l’autre, que votre chien vous suive, même de loin. Vous pouvez faire demi-tour ou changer de direction sans rien demander à votre chien, même vous cachez pour l’inciter à renforcer son attention pour vous trouver et pouvoir vous suivre.

Au-delà des outils et de la méthode, il y a le travail sur vous. Vous l’aurez compris, c’est le nerf de la guerre dans cette histoire :

  • Détendez-vous: respirez profondément, appréciez l’instant présent et lancez-vous seulement quand vous sentez que votre chien ET VOUS êtes assez prêts et détendus. Rappelez-vous que ce ne doit pas être un moment stressant ou ça risque de ne pas se passer comme espéré.
  • Observez votre chien: le préalable à tout ça, c’est de connaitre assez bien son chien pour pouvoir anticiper ses réactions. Pour ça observez-le longuement durant ses balades en longe.

Quoi qu’il arrive, gardez en tête que si vous travaillez sur vous et sur la relation avec votre chien, il n’aura pas grand intérêt à partir en courant loin de vous. Vous ne risquez quasiment rien. Je ne sais pas s’il est utile de la rappeler mais dans le doute ça ne coute rien : votre chien ne cherchera jamais à vous dominer ou à vous nuire. L’enjeux réside plus dans un travail sur vous et votre relation que dans un apprentissage pur et dur à votre chien.

CONCLUSION

Je vous ai planté un peu le décor de ma situation avec Charlie tout à l’heure. Je voulais donc terminer cet épisode en vous racontant comment nous avons procéder et où nous en sommes aujourd’hui, 2 ans après.

Durant de longs mois donc, je n’ai pas lâcher la longe de Charlie (sauf séance de jeu en groupe). Et puis un jour, je l’ai mieux senti. On fait souvent la même balade, dans le parc du fort de notre ville que nous connaissons par cœur, j’ai repéré qu’il y avait des portions plutôt sécurisées sur lesquelles je pourrais essayer de lâcher la longe. Et c’est ce que j’ai fait. Donc pendant des semaines, à chaque fois qu’on passait à cet endroit précis de la balade, pendant genre 3 minutes, je lâchais la longe. Puis je la reprenais. Puis progressivement, j’ai lâché à un autre endroit. Quand je me suis senti assez à l’aise, je me suis fixé l’objectif de lâcher la longe au moins une fois par balade, quand bien même ce ne serait pas au fort, même 1 minute. Et ainsi de suite.

Les balades collectives, en groupe ou avec un autre chien, même dans des endroits inconnus, m’ont aussi beaucoup aidées. Les chiens restent souvent entre eux et leur instinct grégaire permet de se servir du rappel des autres ou de ses copains pour rappeler son chien. Bref, vous avez compris la logique. Aujourd’hui, nous faisons systématiquement le tour du fort et nous faisons toutes nos balades collectives (ou presque) sans que je ne touche la longe. Ça peut paraitre rien, mais pour moi, pour nous, c’est énorme. La prochaine étape sera de décrocher la longe du harnais et de brancher la balise GPS. Je ne me sens pas encore prête mais on verra. Côté rappel aussi, nos progrès me paraissent incroyables. On ne le travaille pas particulièrement à proprement parlé à côté de ces balades en liberté, néanmoins, notre connexion n’a jamais été aussi forte qu’en ce moment et 9 rappels sur 10 que je demande à Charlie sont des réussites. Nos balades n’ont jamais été si agréables, tant pour lui que pour moi.

J’ignore si un jour nous serons en liberté totale, mais ce qui est sûr c’est qu’aujourd’hui je suis ultra reconnaissante de notre chemin parcouru. J’ai accepté que ce ne serait pas si facile, j’ai accepté qu’il nous faudrait du temps. J’ai attendu qu’il grandisse, qu’il sache mieux canaliser son énergie. J’ai fait des erreurs bien sûr, mais je ne suis pas peu fière d’avoir persévéré et d’avoir travaillé sur moi. Je ne suis pas peu fière de ce petit être et je suis sacrément reconnaissante de vivre à ses côtés. Ma plus belle récompense, c’est de me retourner et de le voir me rattraper en courant avec un sourire jusqu’aux oreilles durant nos balades.

En conclusion, si vous ne devez retenir que deux conseils, ça serait les suivants :

  • Remplacez la volonté de vouloir contrôler son chien par la volonté de renforcer la connexion qui vous unis, par la confiance que vous vous accordez mutuellement.
  • Acceptez que cela prend du temps et qu’il faut être patient. Acceptez de stagner longtemps dans une étape du processus. Tout cela va dépendre évidemment de votre chien, de ses instincts, de son âge, mais cela va aussi dépendre de vous.

Surtout, pas d’auto-flagellation si on ne se sent pas. Si c’est ce n’est pas le jour, tant pis, ça sera peut-être demain. Mieux vaut reporter que de tenter dans de mauvaises conditions. Encore une fois, n’hésitez pas à vous faire accompagner par un professionnel pour qu’il vous donne des conseils adaptés à votre binôme, à votre façon de fonctionner et à votre expérience.

SOMMAIRE

  • 00:10 : Présentation de l’épisode
  • 01:40 : Introduction
  • 04:45 : Etre libre de ses mouvements
  • 06:46 : Plus facile à dire qu’à faire
  • 10:13 : Les outils magiques
  • 15:00 : La méthode magique
  • 19:10 : Conclusion
  • 22:45 : Soutenir le podcast

CREDIT

Musique : Dolling – Cybersdf

Identité graphique : Mélanie Giangreco

Bonne écoute !