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Maître Yogi

Avoir un chien ce n’est pas toujours évident. En tant que propriétaire de chien qui s’informe, on parle beaucoup de ce que peut ressentir notre animal, mais on parle peu de ce que ressent l’humain dans cette aventure.

Vous savez le petit coup de stress en arrière-plan qui pointe le bout de son nez dès qu’on voit son chien se lancer dans un truc inhabituel ? « Bon sang, j’espère qu’il va pas se faire mal » « Olala mais il va être malade c’est sur »… Bien souvent, on devance, involontairement ou non, ce qui pourrait potentiellement se passer dans le but d’éviter un incident malheureux, et ça sur tous les pans de notre vie. Mais soyons honnête, il y a un juste équilibre à trouver.

J’avais envie de faire un petit focus sur cette partie pas toujours évidente à vivre, à laquelle on accorde parfois peu d’importance : ce que nous ressentons nous en tant qu’humain quand on vit avec un chien.

Pour ma part, l’arrivée de Charlie a été une grande source de stress. J’étais ultra contente qu’il soit là, mais j’avais extrêmement peur de mal faire, de « rater son éducation » (c’était vraiment comme ça que je le voyais), qu’il détruise des choses de valeur, qu’il se blesse, et que je ne sache pas le gérer. Bref, j’avais peur de mille choses. Tellement peur, que j’en oubliait de profiter de mon chiot. J’ai notamment pris conscience de ça lors des vacances de l’hiver dernier. Nous avons passé 3 jours à la montagne avec ma famille et Charlie était de la partie. Mais j’étais tellement concentrée sur lui, sur ce qu’il pouvait faire de dangereux/risquer/gênant, pour lui ou pour les autres, que j’en ai oublié l’essentiel : passer 3 jours de vacances détendue avec ma famille.

Plus Charlie grandit, plus j’apprends, plus je grandis aussi et plus j’arrive à me détendre. J’ai notamment beaucoup réfléchi à ça lors de nos dernières vacances de cet été, durant lesquelles, pour une fois, j’ai vraiment profité. Alors je voulais vous partager tout ça pour qu’ensemble on commence cette nouvelle année un peu plus détendus !

CRAINDRE UN PEU, PROFITER BEAUCOUP, RELATIVISER TOUJOURS

SORTIR DE SA ZONE DE CONFORT

Une zone de confort, c’est la routine, les choses rodées dont on a l’habitude, qui offre du confort car elles sont connues, sans effort mental et rassurantes.

Or, avoir un chien signifie souvent sortir de sa zone de confort, notamment au début ou quand on l’emmène avec nous dans des situations inhabituelles pour lui. Que ce soit par le changement qu’il représente dans une organisation familiale, la peur de déranger ou la peur qu’il blesse quelqu’un ou qu’il se blesse.

C’est aussi le cas au quotidien, quand il faut le sortir alors qu’il pleut ou encore lorsque l’on n’est pas tout à fait à l’aise avec ses comportements, que son éducation n’est pas encore tip top. Et l’effet est d’ailleurs décuplé lorsqu’on emmène son chien en vacances.

En vacances, même sans chien, on sort de notre zone de confort. Le transport, vivre dans un nouveau lieu, n’amener que l’essentiel, modifier le rythme de ses journées, bouleverser sa routine, faire des activités inhabituelles… Alors quand un chien vient se rajouter à cela, ça peut vite être compliqué.

Naturellement, sortir de sa zone de confort, faire face à du changement, aussi insignifiant soit-il, engendre un peu de stress et c’est assez normal. Je ne vous apprends rien, souvent, l’inconnu fait peur.

Pour autant, dépasser ces petits moments d’inconfort, lorsqu’on affronte sa peur et qu’on consent à prendre un risque, c’est très souvent la garantie de vivre des choses très positives. Perdre son équilibre, parfois, ça permet aussi d’observer que nous sommes capables. Capable d’autres chose que ce que nous connaissons par cœur. Le dépassement de soi, le fait même de sortir de sa zone de confort, à n’importe quelle échelle, n’engendre que du positif, dans notre corps, dans notre esprit, dans notre vie.

Bien sûr, en elle-même, la peur n’est pas une mauvaise chose, elle est généralement là pour nous éviter de nous retrouver en mauvaise passe. Par exemple, le vertige nous évite de nous approcher trop près du vide et donc nous évite potentiellement une chute qui pourrait nous tuer. La peur n’est même pas un mécanisme conscient. Néanmoins, ces peurs peuvent parfois être renforcées et devenir dans certains cas disproportionnées. Ainsi, elles ne sont pas toujours proportionnelles à la situation en présence, notamment lorsque notre cerveau nous envoie des signaux d’alerte un peu trop fort par rapport à la balance bénéfice/risque.

Pour éviter cela, je vous conseille donc deux choses :

  • Ne pas renforcer inutilement ses peurs
  • Relativiser, faire consciemment l’analyse de la balance bénéfice/risque lorsqu’une situation hors zone se présente.

Vivre avec un chien ça signifie souvent sortir de sa zone de confort. Mais c’est ça qui je trouve fait tout l’intérêt de cette relation chien/homme : vivre plein de petites victoires personnelles. Que ce soit dans l’éducation de son chien, dans nos relations sociales ou juste devant une activité à tester. Et comme tout n’est qu’une question d’entrainement, si on est habitué à sortir de sa zone de confort régulièrement, dans des petites situations grâce à nos chiens, alors on sera certainement plus à même de le faire dans la vie en générale.

EVITER LA SURPROTECTION

Sur les réseaux, on voit beaucoup de messages de prévention en fonction des saisons et des activités en vigueur. Par exemple : l’été, on voit beaucoup de message de prévention sur les risques liés à l’ingestion de sable ou d’eau de mer, à la chaleur etc. (brulure des coussinets, coup de chaud). Idem en hiver avec la neige et le froid et tous les risques que cela comporte.

Ces messages de prévention sont importants, même primordiaux, car ce ne sont pas toujours des choses auxquelles nous ferions intuitivement attention en tant qu’humain. Ayant un corps qui fonctionne différemment de celui du chien, ces messages de prévention sont importants car ils ne tombent pas toujours sous le sens.

En revanche, on peut rapidement en être sur-abreuvé, de par leur quantité mais aussi de par leur contenu car certains sont parfois tournés de manière très alarmiste (ceci est largement applicable en dehors du monde canin, à bon entendeur…)

Par ailleurs, au-delà des messages de prévention, en matière d’éducation canine, la volonté de faire parfaitement ou encore la peur de rater peuvent aussi conduire à beaucoup de pression. A l’heure où le bien-être de l’individu et le concept d’éducation positive connaissent leur première apogée, que ce soit pour les enfants ou pour les animaux, nos états d’esprit et nos comportements changent et c’est une très bonne chose. J’aurai l’occasion de vous reparler de mon point de vue dans un prochain épisode. Mais néanmoins, il n’est pas rare de voir s’installer des comportements irrationnels concourir à ce même objectif. Entendons-nous, l’éducation est un sujet sérieux, et le courant positif et éthologique a encore du chemin à faire pour devenir la norme. Mais sous couvert de bien-être du chien, la surprotection humaine n’est jamais très loin.

Or, je crois qu’il faut relativiser ce que nous voyons pour pouvoir vivre plus sereinement. Le chien et l’homme vivent l’un à côté de l’autre depuis des millénaires. Même si la bienveillance mutuelle n’a pas toujours été au cœur de cette relation, il y a quand même eu des millions (voir plus) de chiens très heureux. Qu’il s’agisse de chien de ferme, de travail ou de famille, avec ou pas des soucis comportementaux, un chien est un chien, un animal relativement robuste, fait pour vivre à nos côtés. Ils ne sont généralement pas aussi fragiles qu’on ne le croit. Avec des orientations particulières selon les races ou lignés, mais quoi qu’il arrive, ils ont été faits pour vivre des vies beaucoup moins confortables que celles qu’on leur offre aujourd’hui.

Bien souvent c’est notre rôle d’humain aimant, parfois un peu sous couvert d’anthropomorphisme, qui nous amène à les voir comme des petits êtres mignons et donc fragiles, à les infantiliser quelques peu. Alors oui, un chien peut se faire mal, il peut être malade, il peut être marqué psychologiquement par quelque chose, il faut être là et veiller sur lui, comme un enfant. Mais au même titre que pour un enfant, la vie est faite d’expériences et d’aventures. C’est aussi en tombant, on se trompant qu’on apprend. A mon sens, éviter tout risque me semble contre-productif et là encore, il y a un juste équilibre à trouver dans la rationalité.

VIVRE HEUREUX ICI ET MAINTENANT

SE CONCENTRER SUR LE POSITIF

Avec ou sans chien, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Tout est fait de hauts et de bas. De bons moments faciles et agréables et de moment plus dans l’adversité. Néanmoins, je crois très fort et en ai fait l’expérience que le positif attire le positif. Qu’en tirant un maximum de gratitude et de positivité de chaque situation, la vie est plus facile et plus heureuse.

Alors bien sûr, c’est plus facile à dire qu’à faire. Mais je vous promets qu’avec un peu d’entrainement, les efforts paient. Je ne suis pas en train de vous expliquer que la vie c’est gaufrette, je ne pense pas que ce soit le cas. Je voudrai plutôt vous montrer que tout dans la vie est une question de perception, principalement parce que nous vivons au travers de notre propre perception des choses.

Nous ne pouvons pas tout contrôler, et heureusement. Il y a un bon nombre de choses sur lesquelles nous n’avons aucun pouvoir d’action et qui pourtant arrivent. Alors tout l’enjeux est de considérer le problème non pas vis-à-vis de la situation en elle-même car on ne peut pas la changer, mais plutôt vis-à-vis de notre réaction, de nos émotions vis-à-vis de cette situation qui nous dépasse. La vie est faite d’expérience et il y a du bon à tirer de chaque situation. Il faut simplement faire l’effort de le voir et de le prioriser sur le reste.

Un bon exercice qui permet d’arriver à trouver facilement le positif de chaque situation est celui de l’entrainement à la gratitude. Cela consiste à écrire chaque jour ce qui vous a été positif dans la journée écoulée. Cela peut être de grands moments dans des supers journées, comme le simple aperçu d’un joli ciel dans une journée compliquée. En captant chaque jour ces petites ou grandes choses positives, vous entrainez votre cerveau à les trouver plus facilement et à se concentrer en priorité sur elles. Et cela peut vraiment changer toute votre expérience de la vie (rien que ça).

Pour vous parler un peu de mon expérience, je pratique la méditation depuis de nombreuses années. Si vous n’avez jamais médité, je vous conseille de commencer avec une application de méditation guidée comme 7Mind x Les antisèches du bonheur de Jonathan Lehmann (je vous invite d’ailleurs à écouter ses interviews sur le Podcast InPower). En plus de la méditation, je pratique l’exercice de la gratitude depuis au moins aussi longtemps, si ce n’est plus. Et je peux vous le dire, cela porte ses fruits. Ça m’a énormément aidé durant ces dernières années à traverser toutes les étapes que j’ai vécues, et notamment depuis que Charlie est là. Enfin on y revient !

Pour illustré tout ça, je voudrai vous parler de cet été. Comme je vous le disais au début de cet épisode, cet été m’a fait beaucoup de bien. J’ai particulièrement profité de nos vacances début juillet et était chargée à bloque en matière de positivité et énergie quand je suis rentrée. Si reconnaissante d’avoir vécu de si chouettes moment avec ma famille, et mon chien.

Sauf que quelques jours après notre retour Charlie a eu un accident : il est passé par la fenêtre du premier étage de notre maison, pour des raisons qu’on n’explique pas. Je vous passe les détails car j’en ai pas mal parlé sur Instagram. Suite à cette chute, il a perdu temporairement l’usage de ses membres durant quelques jours.

Alors rassurez-vous, à l’heure où je vous parle, il va bien et même de mieux en mieux. Mais cet accident est intéressant sur plusieurs points :

  • Après une telle chute, voir son chien aussi souffrant, allongé en permanence, dans l’incapacité de se déplacer, ça fait vraiment peur, ça remet tout en question, même si on nous a dit d’entrer que c’était temporaire. J’aurai aussi pu me laisser envahir par la culpabilité.
  • Pour autant, j’étais disposée à tirer le positif de cette situation. Alors après les quelques minutes d’horreur qui m’ont traversées, j’ai inconsciemment préféré chercher le positif de cette situation:
    • Ça aurait pu être bien plus grave, j’aurai clairement pu le perdre
    • Il est bien entouré et son moral est bon malgré la douleur
    • J’ai tous les moyens nécessaires pour le soigner correctement et veiller sur lui

Un mois après, la convalescence n’est clairement pas terminée, mais il va de mieux en mieux. Je ne sais pas si cela aurait changé quelque chose au niveau de sa guérison si je ne m’étais pas autant concentré sur le positif. En tous cas, je peux affirmer que cet accident a changé beaucoup de choses dans notre relation :

  • On a carrément affiné notre communication réciproque, on ne s’est jamais aussi bien compris qu’en ce moment.
  • Notre lien est encore plus fort qu’avant
  • La confiance qu’il y a entre nous n’a jamais été aussi palpable.

APPRECIER L’INSTANT PRESENT (COMME SON CHIEN)

Oui, je suis clairement en train de vanter les bienfaits de la méditation sous couvert d’un épisode canin, mais ça a changé ma vie et ça m’aide clairement à bien vivre avec mon chien au quotidien, alors je ne pouvais pas ne pas vous partager tout ça. Au-delà d’améliorer positivement notre perception de la vie, le but de la méditation est surtout de nous reconnecter à l’instant présent. Et sur ce plan-là, je vous invite à prendre exemple sur le meilleur maître yogi qui soit : votre chien justement.

Les animaux sont surement les meilleurs exemples de vie dans l’instant présent.

Je n’irai pas affirmer qu’ils ne sont pas capables de représentation mentale, ni de projection dans le passé ou dans l’avenir, mais en tous cas, une chose est sûre, quand bien même cela leur serait possible, ça ne guide pas leur vie.

Au contraire, leur vie est guidée par ce qu’ils vivent ici et maintenant. Quand nous nous sommes capables de nous gâcher des moments parce que nous vivons dans le souvenir, dans la crainte ou dans le manque de quelque chose, eux profitent toujours pleinement du moment, entièrement. Leur état de béatitude constant peut sembler ridicule à certain, mais c’est plutôt une preuve de leur bien-être naturel face à toute, ou presque, situation.

Observer son chien dans cet instant présent, entier à chaque moment, à chaque interaction avec son environnement, même quand a priori il ne se passe rien, c’est un bon entrainement.

Comme le démontre très bien Gilles Moutounet dans son livre Mon chien mon Gourou que je vous recommande, nous devrions prendre exemple sur nos chiens à plus d’un titre :

  • Leur positivité quand on voit leur façon d’avancer dans la vie avec joie à toute épreuve
  • L’écoute de leur corps quand on les voit s’étirer ou adapter leur respiration à chaque fois que leur corps en a besoin (le chien tête en bas et chien tête en haut n’ont pas ces noms là pour rien)
  • Leur connexion avec leur nature quand on les voit aussi épanoui quand ils y sont…

Les chiens ont beaucoup à nous apprendre, c’est indéniable. Alors commençons par vraiment les observer, inspirons-nous d’eux. Vous ne risquez rien, si ce n’est d’être peut-être un peu plus heureux ?

Pour résumer, si je n’avais que 4 conseils pour cultiver la sérénité et vivre plus heureux aux cotés de nos animaux :

  • Sortez de votre zone de confort
  • Faite preuve de rationalité et éviter de les surprotéger
  • Concentrez-vous sur le positif
  • Apprenez à apprécier l’instant présent, comme votre chien

SOMMAIRE

  • 00:10 : Présentation de l’épisode
  • 03:18 : Sortir de sa zone de confort
  • 06:00 : Eviter la surprotection
  • 08:45 : Se concentrer sur le positif
  • 13:30 : Apprécier l’instant présent (comme son chien)
  • 15:45 : Soutenir le podcast

ON EN PARLE DANS CET EPISODE

CREDIT

Musique : Dolling – Cybersdf

Identité graphique : Mélanie Giangreco

Bonne écoute !